Repeindre paraît être le geste le plus simple d'une rénovation. C'est en réalité celui dont le résultat dépend le plus de ce qui a été fait avant la première couche. Une peinture ratée n'est presque jamais un problème de peinture : c'est un problème de support, de préparation ou de choix de finition. Ce guide réunit ce qu'il faut savoir avant de commencer, que vous confiiez le travail ou que vous le fassiez vous-même.
Le support décide de tout
Avant de parler teinte ou marque, il faut savoir sur quoi on peint. Dans un immeuble parisien ancien, les murs et les plafonds sont enduits au plâtre traditionnel, parfois sur lattis bois. Ce support est vivant : il absorbe différemment d'une plaque moderne, il tolère mal les enduits trop rigides, et il se décolle par plaques si on lui applique un produit incompatible.
Le premier geste consiste à tapoter l'ensemble des surfaces. Un plâtre qui sonne creux s'est désolidarisé de son support et ne tiendra aucune peinture : il faut purger jusqu'à la zone saine. Un plâtre qui sonne plein se prépare et se conserve, et c'est presque toujours préférable, parce qu'il régule l'humidité et que son aspect vaut mieux que celui d'une plaque.
Le deuxième contrôle porte sur l'humidité. Peindre un mur qui reste humide donne des cloques, des auréoles et un décollement rapide, quelle que soit la qualité du produit. La cause se traite avant : mauvais écoulement des eaux de pluie à l'extérieur, remontée par un mur enterré, ventilation insuffisante, pont thermique qui crée un point froid. Repeindre par-dessus revient à masquer une information pendant deux ans.
Les fissures : lesquelles sont graves
Toutes les fissures ne se valent pas, et les confondre coûte cher. Un faïençage superficiel, en réseau fin sur l'enduit, se rebouche et se ratisse sans difficulté. Une fissure large, traversante, régulière, qui suit un angle de mur ou dessine un escalier dans la maçonnerie, signale un mouvement de structure. La reboucher revient à la voir rouvrir, souvent au même endroit et parfois plus large.
Dans le doute, la méthode est simple : poser des témoins et attendre quelques mois. Si le témoin se rompt, la fissure évolue et le sujet n'est plus un sujet de peinture. Cette vérification ne coûte rien et évite de refaire deux fois le même mur.
La préparation représente l'essentiel du travail
Un chantier de peinture bien mené consacre la majeure partie de son temps à ce qui ne se verra pas. C'est précisément pour cette raison que ce sont les premiers postes sacrifiés par ceux qui travaillent au moins-disant, et les premiers à se manifester ensuite.
- La protection. Bâchage des sols conservés, masquage des menuiseries, protection des cheminées, radiateurs et garde-corps. Dans un appartement ancien, ce qui reste en place a de la valeur.
- Le rebouchage. Trous, saignées, éclats, avec un enduit compatible avec le support. Les fissures traitées reçoivent un calicot ou une bande armée selon le désordre.
- Le ratissage. Un enduit passé sur l'ensemble de la surface pour rattraper les irrégularités. C'est ce qui distingue un mur correct d'un mur plan.
- Le ponçage. À la machine raccordée à une aspiration, sinon la poussière de plâtre se dépose dans tout le logement, entre dans les gaines et reste des semaines.
- Le dépoussiérage. Y compris les plinthes et les angles. La moindre poussière piégée sous le film reste visible et crée un point de rupture.
- La sous-couche. Invisible une fois terminé, donc souvent supprimée. Sans elle, la peinture n'adhère pas correctement sur un plâtre ancien ou sur une ancienne peinture brillante.
Choisir sa peinture : les critères qui comptent vraiment
Le prix au litre n'est pas un critère utile, parce qu'une peinture moins couvrante demande plus de couches. Ce qui compte tient en quatre points.
Le pouvoir couvrant détermine le nombre de couches nécessaires pour masquer le support. C'est le premier facteur de coût réel, main d'œuvre comprise. La résistance au lessivage décide de la durée de vie dans une pièce fréquentée, un couloir ou une chambre d'enfant. L'adaptation au support et à la pièce impose des formulations différentes en pièce humide et en pièce sèche. Le niveau d'émission de composés organiques volatils conditionne la remise en service des pièces et l'odeur résiduelle, ce qui compte beaucoup quand le logement reste habité pendant les travaux.
Mate, satinée, veloutée : comment décider
Le choix de la finition se fait devant le mur, en fonction de l'exposition et de l'état du support, jamais sur un nuancier en magasin.
Une finition mate absorbe la lumière et masque les irrégularités. C'est le choix sûr sur un mur ancien qui reste légèrement irrégulier, et elle donne une profondeur que les autres finitions n'ont pas. Elle résiste en revanche moins bien au nettoyage.
Une finition satinée renvoie la lumière, se lessive facilement et convient aux pièces humides et aux zones de passage. Elle souligne en contrepartie chaque défaut de planéité : sur un support mal préparé, elle transforme la moindre irrégularité en ombre visible.
Une finition veloutée se situe entre les deux et constitue un compromis fréquent en pièce de vie. Reste la règle d'exposition : dans une pièce orientée au nord, une mate très profonde peut assombrir ; dans une pièce très éclairée latéralement, une satinée ne pardonne rien.
Quelle quantité de peinture prévoir
Calculer avant d'acheter évite deux ennuis : manquer en cours de chantier alors que la teinte n'est plus disponible dans le même bain, et se retrouver avec des pots inutilisés. La méthode tient en trois opérations.
Mesurez d'abord la surface à peindre : longueur de chaque mur multipliée par la hauteur sous plafond, additionnée pour l'ensemble de la pièce, plafond compris s'il est traité. Déduisez ensuite les ouvertures, portes et fenêtres, en mesurant leur surface réelle. Divisez enfin cette surface par le rendement indiqué sur le pot, exprimé en mètres carrés par litre, puis multipliez par le nombre de couches prévues.
Deux ajustements comptent. Un support neuf, poreux ou fortement absorbant consomme davantage à la première couche, il faut donc majorer. Et un changement de teinte important, notamment un passage d'une couleur soutenue à un blanc, demande fréquemment une couche supplémentaire, voire une sous-couche opacifiante.
Le papier peint : évaluer la quantité de rouleaux
Le papier peint est revenu, avec des graphismes contemporains et des poses simplifiées, notamment pour l'intissé. Le calcul se raisonne en lés et non en surface.
Divisez la largeur totale des murs à tapisser par la largeur d'un lé pour obtenir le nombre de lés nécessaires. Calculez ensuite combien de lés vous tirez d'un rouleau, en divisant sa longueur par la hauteur sous plafond augmentée d'une marge de coupe. Divisez enfin le nombre de lés par le nombre de lés par rouleau.
Le point qui fait la différence est le raccord du motif. Un motif à raccord droit ou à raccord sauté impose de perdre de la longueur à chaque lé pour aligner le dessin, et cette perte peut être significative sur un grand motif. Elle figure sur l'étiquette du rouleau, sous la mention du rapport de raccord. Prévoyez toujours un rouleau de réserve du même bain de fabrication : les teintes varient d'un bain à l'autre.
Ce qu'on découvre dans le bâti ancien
Sur un logement ancien, la préparation ne consiste pas seulement à poncer. Elle commence par identifier ce qu'on a devant soi, parce que certaines découvertes changent la nature du chantier.
Les peintures anciennes à solvant se rencontrent régulièrement. Leurs formulations ne correspondent plus à ce qui est autorisé aujourd'hui, et elles se travaillent avec des précautions particulières.
Le plomb constitue le sujet le plus sérieux. Les peintures au plomb ont été employées longtemps dans le bâti ancien, et elles restent présentes sous les couches successives. Poncer ou décaper à sec une peinture au plomb libère des poussières dangereuses, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes. Pour les logements construits avant 1949, un constat de risque d'exposition au plomb existe et se demande : c'est le document qui dit si le sujet se pose. Quand il se pose, les techniques et les protections ne sont pas les mêmes, et cela ne s'improvise pas.
On trouve également des éléments métalliques anciens, ferrures, barres, poignées, dont le traitement de surface relève de la même vigilance. C'est la raison pour laquelle un chantier de peinture dans l'ancien commence par un examen, et non par un devis au mètre carré.
Peindre soi-même : quand c'est raisonnable
Ce n'est pas une question de compétence mais de situation. Peindre soi-même se défend sur un support sain et déjà plan, dans une pièce de dimensions modestes, avec une hauteur sous plafond ordinaire, sans élément décoratif à préserver, et quand le temps disponible ne coûte rien.
Cela devient une mauvaise affaire dans les cas inverses : un support à ratisser intégralement, une hauteur sous plafond importante qui impose un échafaudage, des moulures et des corniches à reprendre, une teinte soutenue à recouvrir, ou un logement occupé où la poussière doit être maîtrisée. Dans ces situations, le temps passé et les reprises nécessaires dépassent largement l'économie espérée.
Les erreurs les plus fréquentes chez ceux qui se lancent sont toujours les mêmes : un rouleau de qualité insuffisante qui laisse des traces et oblige à appuyer, une sous-couche supprimée pour gagner du temps, une seule couche appliquée en croyant qu'elle suffit, et surtout des reprises faites au mauvais moment. Une pièce se peint en respectant les temps ouverts, sans laisser sécher un bord avant de reprendre à côté. Un raccord fait trop tard se voit en lumière rasante pendant toute la durée de vie de la peinture, et il ne se rattrape qu'en refaisant la surface entière.
Les moulures, les corniches et le staff
Beaucoup d'appartements parisiens ont conservé leurs moulures, et les couches de peinture successives les empâtent jusqu'à effacer les profils. Les récupérer suppose un décapage patient, parfois une reconstitution de profil au calibre là où du relief a disparu, en prenant appui sur une section conservée.
C'est un travail long, chiffré séparément du reste, et c'est souvent ce qui distingue un appartement rénové d'un appartement banalisé. Repeindre par-dessus sans décaper accélère la disparition du dessin d'origine.
Comment nous procédons
- Diagnostic des supports sur place : nature de l'enduit, présence de lattis, planéité, humidité, repérage des fissures actives.
- Protection intégrale des sols conservés, du mobilier restant et des menuiseries, avant la première intervention.
- Traitement des fissures, rebouchage, puis ratissage et ponçage à la machine aspirante jusqu'à planéité sous lumière rasante.
- Sous-couche adaptée au support, puis le nombre de couches de finition inscrit au devis, et tenu.
- Reprise des moulures et menuiseries en finition séparée quand elles figurent au programme.
- Nettoyage en fin de journée et non en fin de chantier, avec évacuation des déchets.
Le devis est détaillé poste par poste et engagé sur un prix ferme. Nous ne publions pas de fourchette au mètre carré : deux appartements de même surface peuvent demander un travail sans commune mesure selon l'état des supports. La visite et le devis sont gratuits.